2

Sarkozy a trouvé un nouveau prof de judo… Poutine !

Publié par Thomas le 15 sept 2008 dans Actualités, Blog, Politique

Poutine Judoka

Poutine a annoncé à un journal russe qu’il allait donner des cours de judo à N. Sarkozy ! Voir cet article de Reuters

A mon avis notre président va se faire déchirer et j’espère que les intéressés n’ont pas parié le sort de la Géorgie sur l’issue du match !

ça va être marrant de voir les photos car là, Sarkozy n’aura pas le droit aux talonnettes…  J’espère que Poutine ira doucement, sinon on se dirige tout droit vers des élections anticipées…

Mots-clefs :, , , , ,

 
2

Quelques réflexions sur le conflit russo-géorgien

Publié par Thomas le 14 août 2008 dans Actualités, Blog

La guerre entre la Russie et la Géorgie est riche d’enseignements et m’inspire les quelques réflexions suivantes.

guerre russie

Entrée de chars russes à Gori à 60 km de Tbilissi

Source: Lemonde.fr

Tout d’abord, la Russie se marginalise de plus en plus au sein du concert des nations. Bien avant le déclenchement du début des hostilités en Géorgie, la Russie a été ces derniers temps au devant de l’actualité pour des affaires peu glorieuses: en vrac, tragédie du Beslan, empoisonnement de Litvinenko au Polonium à Londres par Lugovoï à présent membre de la Douma sous les couleurs du parti de Poutine, interdiction de l’activité du British Council en Russie, tentatives d’intimidation et d’escroquerie vis à vis d’entreprises étrangères (comme BP), éléctions présidentielles truquées (la Tchétchénie a voté à plus de 98% pour Poutine/Medvedev…), etc. Tout cela n’a pas contribué à rapprocher la Russie de l’Occident et le royaume de Poutine a poursuivi sa dérive jusqu’à devenir un sorte de pariat de la communauté internationale dont la guerre lancée contre Tbilissi a été l’apogée.

Litvinenko

Litvinenko, empoisonné par un député de Russie Unie, le parti de Poutine

Cette guerre, justement, illustre parfaitement la régression de la diplomatie russe toujours humiliée de l’éclatement de l’URSS en 1991. Churkin, l’ambassadeur russe aux Nations Unies, l’a clairement dit à son homologue géorgien lors des débats du Conseil de Sécurité : « vous avez voulu l’indépendance, maintenant il faut en payer le prix ». Se souvenant sans doute de 1968 où la Russie a envahi la Tchécoslovaquie pour effectuer un changement de régime, Moscou a voulu appliquer une stratégie qui gagne. Le régime russe a installé un ancien lutteur analphabète, Eduard Kokoity,  en Ossétie du Sud. Pour faire face à cette lourde tache de président, Kokoity est assisté d’un directeur… tout droit venu de Moscou ! Toujours est-il que cette région de 60 000 âmes  (dont plus de 70% ont la nationalité russe) s’est déclarée autonome, ce qui a été immédiatement reconnu par la seule Russie. Depuis lors, pour stabiliser cette région, les Russes et les Géorgiens ont décidé l’envoi de peacekeepers mais cette force mixte n’était en réalité composée que de soldats russes qui remplissaient leur mission plus ou moins consciencieusement…

Kokoity

Eduard Kokoity, « Président » analphabète de l’Ossétie du Sud

Profitant sans doute de la trève olympique et pensant – naïvement – que personne n’allait réagir, les Russes ont alors décidé de tendre un piège à Saakachvili. Ils lui ont fait croire que Kokoity était devenu hors de contrôle et qu’il était incapable de stopper les émeutes en Ossétie. Le sous-entendu était explicite: vous pouvez disposer de Kokoity qui n’écoute plus Moscou. Le piège était tendu et a fonctionné à merveille: Saakachvili a lancé une offensive en Ossétie, convaincu que les Russes ne bougeraient pas et voilà comment la guerre a démarré : les Russes sont intervenus au nom du maintien de la paix et de la protection des populations au passeport russe.

Le seul paramètre que Poutine et sa clique n’ont pas vraiment pris en compte dans cette affaire c’est que le monde a changé et que les ex-satellites sont à présent des états souverains et indépendants. Cela a eu pour conséquence d’entraîner des réactions de condamnation en crescendo au niveau international, et pour une fois, le concert des nations était presque à l’unisson pour dénoncer le massacre de populations civiles par une armée soviétique qui tire sur tout ce qui bouge en Géorgie (y compris notre ministre des affaires étrangères…). Le prétexte de maintien de la paix en Ossétie du Sud n’a en effet convaincu personne… Les Etats-Unis, en pleine campagne présidentielle, ont eu, dans un premier temps, des réactions modérées (à l’exception des accusations de l’ambassadeur américain aux Nations Unies) d’appel au calme. L’Europe a alors tenté de s’imposer comme médiateur entre les parties et N. Sarkozy, président de l’UE, est allé présenter aux protagonistes un « peace plan » en 3 points.

sarkozy

Medvedev, Sarkozy et Saakachvili… mais où est Poutine ?

Source: Ouest France

Ce document proposé par la France a été immédiatement signé par Tbilissi, presque sans aucune réserve. C’est à Moscou que le président français s’est heurté aux plus de difficultés. Comme le révèle cet article de l’International Herald Tribune, les Russes ont exigé l’introduction du conditions supplémentaires et en particulier un cinquième point très vague permettant à l’Armée Rouge de prendre toutes les mesures nécessaires à « la stabilité et à la paix ». Sarkozy est allé présenter cette exigence à Saakachvili qui a émis de fortes réserves, notamment sur le fait que ce cinquième point n’avait pas de limite de temps. Lorsque Sarkozy a voulu téléphoner à Medvedev pour lui faire part des attentes géorgiennes, il s’est vu refuser la communication avec le président russe qui l’a fait attendre pendant plus de deux heures avant de sèchement lui signifier que le traité de paix n’était plus négociable et que Tbilissi devait accépter toutes les conditions. Ce plan fournit donc véritablement une excuse aux Russes pour continuer leur offensive en Géorgie sous couvert du maintien de la stabilité et de la sécurité. C’est en se servant de ce cinquième point du peace plan que Moscou justifie son activité maritime dans les eaux géorgiennes, la prise de la ville de Gori, la destruction et l’occupation du port de Poti… et ça n’est qu’un début.

Cela m’amène à ma dernière réflexion : la faiblesse du monde occidental face à la Russie et la recherche presque ridicule d’un compromis en la matière. C’est triste à dire mais la Russie, comme la Chine d’ailleurs, ne comprennent que l’humiliation. Toute tentative de négociation ou de compromis est perçue comme un signe de faiblesse de la part de la communauté internationale voire même une sorte de blanc-seing pour continuer leurs actions. Pourquoi l’UE n’nenvoie pas immédiatement des soldats et des observateurs sur place. Pourquoi les Américains sont encore une fois les seuls à menacer clairement la Russie de représailles diplomatiques et économiques ? Pourquoi l’Europe ne peut-elle pas passer à l’action lorsque la diplomatie ne mène plus à rien ? Pourquoi l’Europe ne condamne pas en termes très sévères (similaires à ceux employés par Condoleeza Rice hier lors de sa conférence de presse) les exactions russes ? Non seulement il y a urgence pour la Géorgie mais ne rien faire de plus installerait un dangereux précédent dans la région.

Pour d’autres commentaires (en anglais) allez sur: http://blogalissa.blogspot.com/

Mots-clefs :, , , , , , , , , ,

Copyright © 2012 Thomas’ Blog. Theme signé Laptop Geek. Traduction WordPress tuto.