Publié par Thomas le 9 mar 2010 dans
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Suite à l’affaire que je vous avais narrée par le menu ici (C’est aussi pour ça que je suis devenu avocat), je suis convoqué comme témoin le 25 mars prochain par l’Inspection Générale des Services (IGS), la police des polices.
voici la convocation (Depuis la mésaventure de mon confrère Wasserman, j’ai eu un peu peur en ouvrant l’enveloppe… )

Tout cela prouve que cette affaire ne restera peut-être pas sans suite et qu’une enquête sur l’attitude de la police ce jour là est en cours.
Sinon, j’ai finalement réussi à m’inscrire à la formation pénale organisée par le barreau de Paris pour pouvoir être désigné d’office et assister aux comparutions immédiates… Première séance samedi prochain à 9h !
Mots-clefs :avocat, Droit, enquête, IGS, police, police des polices, témoignage
Publié par Thomas le 24 fév 2010 dans
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La bataille fait rage entre les juridictions du fond sur les conditions de la garde à vue et en particulier sur la validité de déclarations faites en garde à vue hors la présence d’un avocat.
Tout a commencé par une série de décisions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) sur les conditions de la garde à vue en Turquie. Le droit turc de la garde à vue étant très similaire au droit français, il est fort à parier que la Cour visait aussi la France lorsqu’elle a déclaré les dispositions turques contraires à l’article 6 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
Pour faire court, le premier coup de butoir de la CEDH (arrêt Salduz c. Turquie) remonte au 27 novembre 2008. Dans cet arrêt, la Cour énonce déjà que:
l’article 6 [de la Convention EDH] exige normalement que le prévenu puisse bénéficier de l’assistance d’un avocat dès les premiers stades des interrogatoires de police [...] la Cour estime que, pour que le droit à un procès équitable consacré par l’article 6 § 1 demeure suffisamment « concret et effectif », il faut, en règle générale, que l’accès à un avocat soit consenti dès le premier interrogatoire d’un suspect par la police, sauf à démontrer, à la lumière des circonstances particulières de l’espèce, qu’il existe des raisons impérieuses de restreindre ce droit. Même lorsque des raisons impérieuses peuvent exceptionnellement justifier le refus de l’accès à un avocat, pareille restriction – quelle que soit sa justification – ne doit pas indûment préjudicier aux droits découlant pour l’accusé de l’article 6. Il est en principe porté une atteinte irrémédiable aux droits de la défense lorsque des déclarations incriminantes faites lors d’un interrogatoire de police subi sans assistance possible d’un avocat sont utilisées pour fonder une condamnation.
La Cour en conclut qu’en privant systématiquement (et non de façon exceptionnelle) le gardé à vue de contact avec un avocat, le droit turc est contraire à l’article 6 de la Convention EDH.
Fin 2009, la CEDH a rendu une rafale d’arrêts confirmant sa jurisprudence Salduz et développant sa conception d’une garde à vue compatible avec la Convention. C’est ainsi qu’on pourra lire les arrêts Danayan c. Turquie (no 7377/03) du 13 octobre 2009, Kolesnik c. Ukraine (requête no 17551/02), Boluçok c. Turquie (n°35392/04) du 10 novembre 2009, Pishchalnikov c. Russie, requête n° 7025/04 du 24 septembre 2009.
Dans la décision Danayan, la Cour précise les modalités de l’intervention de l’avocat. Celle-ci ne doit pas être une simple présence de 30 minutes aux côté du gardé à vue, sans accès au dossier, comme le prévoit le droit français actuel. En effet, en France, l’avocat ne peut voir le gardé à vue qu’une trentaine de minutes, sans accès au dossier. Sa mission se cantonne donc à remonter le moral de son client et lui donner des indications sur les suites de la procédure.
La CEDH précise donc dans sa décision Danayan c. Turquie que :
l’accusé doit, dès qu’il est privé de liberté, pouvoir bénéficier de l’assistance d’un avocat et cela indépendamment des interrogatoires qu’il subit (pour les textes de droit international pertinents en la matière, voir Salduz, précité, §§ 37-44). En effet, l’équité de la procédure requiert que l’accusé puisse obtenir toute la vaste gamme d’interventions qui sont propres au conseil. A cet égard, la discussion de l’affaire, l’organisation de la défense, la recherche des preuves favorables à l’accusé, la préparation des interrogatoires, le soutien de l’accusé en détresse et le contrôle des conditions de détention sont des éléments fondamentaux de la défense que l’avocat doit librement exercer.
Ces décisions ont eu un très fort impact en France puisque notre droit, quasi-identique au droit turc, s’est retrouvé en pleine ligne de mire de la CEDH. Il a fallu le placement en garde à vue d’une célèbre avocate parisienne dans des conditions tout à fait scandaleuses pour que le débat sur les conditions de la garde à vue s’enflamme.
Les avocats parisiens ont été poussés à soulever systématiquement la nullité des gardes à vue en invoquant la jurisprudence de la CEDH. Un modèle de conclusions à cette fin a même été publié sur le site de l’Ordre des avocats (voir ici).
Tout le monde s’est ému du nombre de gardes à vue en France, bien souvent pour des motifs futiles ou inexistants.

Source: LeFigaro.fr
La première décision est venue de Bobigny, début décembre 2009, où une procédure fondée sur une garde à vue a été annulée faute de l’assistance d’un avocat. La décision est disponible ici.
A Paris, les premiers à tirer ont été les magistrats de la 12e chambre du TGI de Paris, présidée par Serge Portelli,qui ont rendu une décision d’annulation concernant 5 gardes à vue le 28 janvier dernier. La décision est disponible ici.
Les magistrats ont estimé que les règles françaises de garde à vue empêchaient l’avocat d’accomplir sa mission conformément aux règles européennes qui garantissent les droits de la défense. Les juges considèrent que les dispositions de la Convention Européenne des Droits de l’Homme imposent non seulement la présence de l’avocat en garde à vue, mais également l’accès au dossier.
Cependant, une voix discordante ne devait pas tarder à se faire entendre. Par un arrêt du 9 février 2010, la cour d’appel de Paris a validé une procédure au cours de laquelle le gardé à vue, qui avait exprimé le souhait de bénéficier de l’assistance d’un avocat à la soixante-douzième heure, avait été conduit devant le juge d’instruction avant l’expiration de ce délai.
Dans cette décision, la Cour d’appel reprend presque mots pour mots l’argumentaire développé par la Chancellerie pour tenter de faire croire que le droit français est compatible avec l’article 6 de la Convention EDH.
En premier lieu, la Cour d’appel estime que les arrêts de la CEDH ne concernent que la Turquie et rien que la Turquie. Il serait donc vain de les invoquer en France. Ceci est tout simplement aberrant et à la limite du ridicule… La CEDH étant une juridiction supra-nationale, sa jurisprudence s’applique à tous les pays signataires de la Convention comme le rappelait encore récemment le Président de la CEDH lui-même (voir ici).
En second lieu, dans un raisonnement qui ne convainc pas grand monde, la Cour d’appel tente de démontrer que le droit français de la garde à vue est compatible avec la Convention EDH et la jurisprudence de la CEDH dont la Cour d’appel vient pourtant de dire qu’elle est inapplicable… La décision est ici pour ceux qui veulent plus de détails.
La solution viendra certainement de la Cour de cassation ou de la CEDH mais il y a fort à parier que le droit français sera déclaré incompatible avec les exigences d’un procès équitable.
C’est dans cette optique que la Chancellerie a présenté le 12 février dernier quelques maigres propositions annonces visant à améliorer les conditions de la garde à vue. Un projet de loi a par ailleurs été présenté au Sénat.
Il reste à espérer que les derniers jours de la garde à vue sans violence sans avocat ont bel et bien sonné.
Mots-clefs :avocat, avocats, cedh, Droit, droits de l'homme, garde à vue, police, violence
Publié par Thomas le 25 nov 2009 dans
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Source: Le Nouvel Observateur
Un arrêt récent de la CEDH (Dayanan c. Turquie, 13 octobre 2009) a relancé le débat sur la présence de l’avocat lors la garde à vue. La CEDH affirme en effet qu’ « un accusé doit, dès qu’il est privé de liberté, pouvoir bénéficier de l’assistance d’un avocat et cela indépendamment des interrogatoires qu’il subit« . Cela contredit quand même assez le Code de procédure pénale français qui prévoit ce que le Bâtonnier de Paris appelle une visite de courtoisie: c’est à dire une brève entrevue du gardé à vue avec son avocat qui se contente de lui expliquer le déroulement de la procédure, sans pouvoir préparer sa défense, faute d’accès au dossier. A l’appel du Bâtonnier de Paris, de nombreux avocats n’hésitent plus à soulever la nullité de la garde à vue en se servant de la jurisprudence Dayanan. On ne sait pas encore ce que va dire la justice…
Mais qu’en pense la police ?
Un chat avec Yannick Danio, porte parole de l’UNSA (syndicat de policiers) sur le site du Monde, nous apporte un début de réponse.
Tout d’abord sur l’augmentation inquiétante du nombre de gardes à vue, la police nous explique que c’est un peu la faute de tout le monde.
Morceau choisi: « D’un point de vue plus technique, la Cour de cassation, répondant à la directive de la Cour européenne des droits de l’homme, a semble-t-il donné des instructions au parquet, au procureur de la République, pour placer plus facilement les gens en garde à vue, en arguant que cela leur ouvrait des droits, notamment ce fameux droit à l’avocat« .
Les mots me manquent tant le propos est juridiquement aberrant. La Cour de cassation, chargée d’examiner la conformité des décisions de justice au droit, ne donne absolument aucune instruction au Parquet. Le Parquet est placé sous l’autorité de la Chancellerie et seule le Garde des Sceaux peut donner des instructions (en théorie assez générales) pour définir une politique pénale cohérente sur le territoire. Ensuite, les directives émanent des institutions européennes et sont de véritables normes s’imposant aux Etats Membres après transposition en droit national. Le juge compétent pour les interpréter est la CJCE qui n’a rien à voir avec la CEDH. Cette dernière est garante du respect de la Convention Européenne des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales. Cette Convention a été signée au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans le cadre du Conseil de l’Europe, une organisation internationale consacrée à la paix et aux droits de l’homme, totalement distincte de l’Union Européenne, notamment en ce qu’elle est beaucoup plus large (47 États membres, dont la Turquie et la Russie !).
Par ailleurs on comprend mal pourquoi la garde à vue ouvrirait des droits à l’accusé et surtout à droit à l’avocat. Il ne faut pas être un génie pour comprendre qu’une personne en liberté a toute lattitude pour consulter un avocat et s’entretenir avec lui de sa défense alors que la gardé à vue ne voit son avocat que 30 minutes et pas pour parler défense. La garde à vue n’ouvre aucun droit supplémentaire, au contraire. Elle est bien souvent le moment d’une humiliation organisée, d’une tentative d’extorsion d’aveux plus ou moins sincères.
Le reste du chat est à l’avenant. Pour être franc, je n’arrive pas à déterminer si Danio est vraiment nul en droit et particulièrement en procédure pénale ou s’il est d’une mauvaise foi patente. Ainsi, à la question « Qui décide du temps de la garde a vue ?« , notre flic de choc répond benoîtement « Le code de procédure pénale« . Ben voyons ! Le Code prévoit une durée maximale de 24 heures, renouvelable une fois (ou plusieurs car depuis la loi Perben II du 9 mars 2004, la garde à vue peut durer jusqu’à 96h pour un certain nombre d’infractions) sur autorisation d’un magistrat. Or c’est bien le magistrat qui décide de la prolongation pas le Code ! Les policiers demandant la prolongation de la garde à vue sont d’ailleurs presque toujours exaucés, ce qui leur fait souvent croire, à tort, que le code de procédure pénale leur permet en fait de gardé un accusé pendant 48h.
Le chat se prolonge dans la même veine. Extraits:
»Ne vaudrait-il mieux pas conserver la garde à vue pour tous en l’encadrant différemment et en donnant plus de pouvoir à l’avocat ?
Ce qu’a dit Michèle Alliot-Marie, c’est que toutes les personnes gardées à vue aujourd’hui ne sont que des personnes qui encourent des peines de prison. Cela fait partie des conditions pour être placé en garde à vue. Donc il n’y a là rien de nouveau. On ne place pas quelqu’un en garde à vue pour une contravention, par exemple. »
Là encore, la mauvaise foi est patente. La majorité des garde à vue est motivée par les délits d’outrage ou de rébellion mais ce n’est généralement pas l’infraction qui a motivé l’intervention de la police. Une simple recherche sur Google fournit une multitude d’exemples de garde à vue qui ont démarré pour une voiture mal garée ou la traversée d’une route au feu vert (voir ici pour cette histoire ahurissante). Dès que l’intéressé tente d’affirmer son innocence un peu trop fort, les policiers considèrent qu’il commet le délit d’outrage (puni de six mois de prison si commis contre une personne dépositaire de l’autorité publique si ma mémoire est bonne) et le voilà parti pour 48h de folie…
Continuons…
« Avez vous conscience que toutes les procédures sont annulables du fait du non-respect des principes posés par la CEDH ?
Nous ne faisons qu’appliquer le droit français, et c’est aux autorités judiciaires d’accorder le droit français avec les directives européennes.
Les policiers et gendarmes ne sont que des exécutants des autorités judiciaires. Et du droit ».
Vu le niveau, ça fait peur …encore une confusion entre les décisions de la CEDH et les directives européennes…
Je pourrai reproduire l’intégralité du chat, chaque phrase étant presque une perle… Cette méconnaissance de la loi et de la procédure par ceux là mêmes qui sont censés la respecter et la faire respecter me laisse pantois. Cette ignorance, mêlée de mauvaise foi et conjuguée au sentiment d’impunité que la politique pénale du gouvernement actuel a faire naître est tout simplement préoccupante.
Un état de droit ne fonctionne que si ceux qui sont chargés de faire respecter la loi en connaissent les bases et sont susceptibles de sanction en cas d’abus d’autorité… deux garde-fous qui tendent à devenir, hélàs, de plus en plus hypothétiques…
Mots-clefs :avocat, cedh, danio, Droit, durée, garde à vue, police, unsa
Publié par Thomas le 28 oct 2009 dans
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source: http://sarkopitheque.wordpress.com/
J’ai enfin obtenu mon CAP d’avocat, le CAPA ! Comme tout CAP, les études sont un mélange de pratique et de théorie et presque tout le monde réussit l’examen final… Mais les études pour devenir avocat ne sont pas le sujet de ce post.
Non, je veux témoigner ici de quelque chose de plus grave.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, quelques mots sur le contexte….
Une fois le CAPA obtenu, le futur avocat doit rencontrer un « rapporteur », généralement un ancien membre du Conseil de l’ordre, qui, après avoir rappelé certains grands principes de la profession au jeune impétrant, remplira un formulaire certifiant de la moralité et de l’aptitude de son futur confrère à exercer comme avocat. Une fois ce formulaire rempli, le dossier d’inscription est retourné au Conseil de l’Ordre et le futur avocat est enfin autorisé à prêter serment. La rencontre avec un rapporteur est donc un passage obligé pour tout avocat en devenir.
Le hasard a voulu que mon rapporteur soit une avocate pénaliste de Montmartre, Me Nicole Marxon-Milhaud. Je lui ai rendu visite à son cabinet mercredi 17 octobre afin qu’elle remplisse le fameux formulaire … Nous avions rendez-vous à 17H.
Je me suis présenté à l’heure dite à son cabinet, à deux pas du Sacré-Coeur et nous avons commencé à discuter de la relation entre l’avocat et son client. Me Marxon-Milhaud m’expliquait que certains de ses clients avaient essayé de la rendre complice de véritables manipulations judiciaires et que l’avocat devait à tout prix refuser de se laisser instrumenter. J’écoutais avec attention ces sages paroles quand la secrétaire fit irruption dans le bureau de mon rapporteur: « Maître, on a une urgence, deux de vos clients sont là et … des policiers aussi… » Sur ce, nous sortîmes tous du bureau et là….
Avant de continuer, il faut que je vous donne quelques mots d’explication sur les deux clients en question. Nous les appellerons Eric et Patrick. Il s’agit de deux SDF ayant construit un abris de fortune, passage des abbesses, à deux pas du Sacré Coeur. Du coeur, ils en ont aussi un sacré puisqu’ils accueillaient dans leur abris des personnes en détresse comme eux. Des habitants du quartier leur avaient donné un réchaud, quelques vivres et des couvertures. Mais voilà, d’autres habitants ne l’entendaient pas cette oreille et ne voulaient pas de cette tente géante au pied de leur immeuble…. La mairie avait donné aux deux sans-abris jusqu’à la fin du mois de novembre pour partir, étant précisé que d’ici là la police les laisserait tranquilles… la trêve fut plus courte que prévu puisque le 17 octobre au matin une dizaine de policiers faisaient irruption passage des abbesses et détruisaient l’abris de nos deux SDF. Les coups de matraque pleuvèrent, le contenu de la tente fut presque intégralement détruit par les forces de l’ordre qui brisèrent entre autre le réchaud et le téléphone portable de Patrick.
Ecoeurés, nos deux SDF errèrent dans le quartier avant d’essayer de récupérer ce qui pouvait l’être, passage des abbesses… C’est alors que des habitants auraient appelé la police pour leur signaler que des voleurs étaient en train de forcer une voiture et de ramasser des objets sur le sol… Vite arrivés, les forces de l’ordre identifièrent aussitôt Eric et Patrick qui n’essayaient pas de « voler une voiture » mais tentaient juste de ramasser ce qui restait des destructions du matin. Patrick, en particulier, voulait absolument retrouver la carte SIM de son téléphone portable pour récupérer le numéro de sa soeur, son seul contact familial qui habite dans le sud de la France. En vain.
Voyant cela, les policiers décidèrent de suivre nos deux compères, en se disant qu’ils allaient sans doute rejoindre d’autres SDF et qu’ils pourraient alors procéder à une arrestation groupée, très bonne pour les statistiques. Pas de chance, Eric et Patrick se rendaient chez leur avocate, Me Marxon-Milhaud… Qu’à cela ne tienne, nos zélés barbouzes ont alors décidé de les coffrer directement chez l’avocate !
Lors que nous sommes sortis du bureau, les 2 SDF et les 3 policiers étaient rentrés dans la salle d’attente de Me Marxon-Milhaud. Tout le monde était très énervé et les 2 SDF criaient haut et fort leur déception d’avoir été trompés par la mairie leur ayant promis un mois de répit. Les policiers se la jouaient Robocop et nous considéraient tous comme autant d’entraves à la bonne exécution de leur mission de maintien de l’ordre. Je tiens à préciser qu’à aucun moment je n’ai entendu les 2 SDF insulter la police. Ils étaient remontés, parlaient très fort mais sont restés corrects dans leurs propos.
Après une bonne dizaine de minutes pendant lesquelles Me Milhaud a tenté de jouer la médiatrice entre les policiers et ses clients, les esprits se sont encore un peu plus échauffés… Un contrôle d’identité a alors eu lieu à l’extérieur du cabinet avec le consentement des deux SDF. Une fois le contrôle effectué, les deux sans-abris ont pénétré à nouveau chez leur avocate … suivis des 3 policiers qui n’avaient certainement pas envie de rentrer bredouille à la maison. Le contrôle n’ayant rien donné, il leur fallait trouver autre chose.
Un des policiers a alors sorti de son béret une « fiche pénale » soit disant active à l’encontre d’Eric. Toisant l’avocate, il déclara qu’Eric était recherché et qu’il devait l’interpeller immédiatement. Me Milhaud protesta ouvertement, expliquant qu’elle avait obtenu une relaxe pour le compte d’Eric la semaine précédente dans une autre affaire et que si une fiche pénale existait réellement, le Procureur n’aurait pas manqué de l’évoquer à l’audience. Rien n’y fit, le brigadier de la BAC persista, menaçant l’avocate qui « hébergeait des criminels » de poursuites « judiciaires entrave à la justice ».
Les policiers ont alors procédé à l’interpellation musclée d’Eric à l’intérieur du cabinet, poussant Me Milhaud qui tentait de s’interposer et faisant fi de l’inviolabilité du cabinet d’avocat.
Sous le choc, après le départ des forces de l’ordre, nous avons prévenu le Bâtonnier et j’ai rédigé une attestation écrite de ce dont je venais d’être témoin.
J’ai d’ailleurs lu dans le dernier Bulletin du Bâtonnier, le Conseil de l’ordre avait procédé à un vote de soutien en faveur de Me Milhaud
Notre consœur Nicole Marxon-Milhaud a rencontré des difficultés avec les forces de police. Elles ont pénétré dans son cabinet pour arrêter deux SDF qui tentaient de s’y réfugier avec son accord. Le bâtonnier a très fermement protesté. Connaissance prise des faits et des démarches qui avaient été mises en oeuvre, le Conseil de l’ordre a tenu à voter pour assurer Mme Marxon-Milhaud de sa solidarité sans réserve et de son total soutien aux démarches entamées par le bâtonnier.
Cet épisode me laisse un goût amer et j’ai eu l’impression d’assister impuissant à une injustice flagrante. Le lendemain j’ai écrit à Me Marxon-Milhaud pour lui offrir mon aide dans cette procédure bien que je sois absolument certain qu’elle n’ait pas besoin de moi pour y faire face.
Je la remercie en tout cas profondément car elle m’a donné, sans le savoir, l’une des meilleures leçons qu’un rapporteur peut donner à un futur avocat: le goût de se battre contre les injustices. C’est aussi pour ça que je suis devenu avocat…
Mots-clefs :avocat, injustice, inviolabilité, Marxon-Milhaud, Montmartre, police, SDF
Publié par Thomas le 15 juin 2009 dans
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c’est édifiant et c’est raconté ici !
merci les peines plancher…
Mots-clefs :avocat, justice, peine, plancher, prison, vol
Publié par Thomas le 27 août 2008 dans
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Je viens de découvrir que j’ai un double: il a le même nom que moi et il fait le même métier que moi. La seule différence c’est qu’il habite New York et moi Paris… Le monde est vraiment petit !

Mots-clefs :amico, avocat, double, lawyer, thomas
Publié par Thomas le 23 nov 2007 dans
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Je suis admis à l’examen d’entrée de l’Ecole Française du Barreau ! En clair, je vais devenir avocat ! yay !
Mots-clefs :avocat, CRFPA, EFB, Paris, Sorbonne