Sarkozy - Royal : tel est pris qui croyait prendre
Sarkozy s’est en effet montré très (trop) courtois face à une Ségolène “en colère mais pas énervée”. Le débat a connu deux temps bien distincts. Dans une première partie, Sarkozy a facilement dominé une Ségolène Royal peu à l’aise sur le terrain économique, brouillonne dans ses réponses et floues dans ses projets. On en veut pour preuve le silence assourdissant de Ségolène à propos de cette nouvelle taxe sur les produits boursiers dont ni l’assiette, ni le taux, ni la recette espérée n’ont pu être précisés. Royal changeait en permanence de sujet commençant une tirade sur l’hopital pour parler ensuite des femmes fonctionnaires (à qui elle a promis un garde du corps personnel après 20H !!!) et conclure sur “les patrons sociaux décideront” (sic). Après cette bouillie verbale sur l’économie, le chômage et les retraites qui n’avait ni queue ni tête, le thème de l’énergie a fait basculer le débat dans une autre dynamique.
Après avoir fait l’apologie du nucléaire, Nicolas Sarkozy s’est fait invectiver par Ségolène qui lui a soutenu que la part du nucléaire dans la quantité d’électricité produite en France était de 17%. Sarkozy, qui ne semblait pas connaître le dossier, lui a rétorqué que cette proportion devait être plus élevée: de l’ordre de 50%. La réalité se trouve dans les chiffres officiels de l’OCDE: 78, 3% (http://www.nea.fr/html/general/profiles/france.html) C’est assez stupéfiant de voir que Ségolène a insisté sur un chiffre faux avec autant d’audace, sans jamais se remettre en question et en ne faisant preuve du moindre bon sens en la matière. Après cette attaque frontale sur Sarkozy, celui-ci s’est replié sur lui même laissant toujours plus de place à une Ségolène au bord de l’hystérie qui ne proposait plus rien mais ne faisait que critiquer son adversaire. Tout le monde a vu et revu la royale colère au sujet des enfants handicapés, colère bien évidemment préparée (avec des phrases types apprises par coeur: “je garderai ma capacité de révolte intacte”, etc.) ce qui rend son utilisation du thème du handicap bien plus politicienne que Sarkozy. Jusqu’à la fin, Ségolène va rester pugnace et agressive face à un Sarkozy en retrait, ne sachant pas comment se comporter avec sa rivale quelque peu mal élevée.
Tel est pris qui croyait prendre. Sarkozy s’est retrouvé trop lisse, trop poli face à une Ségolène offensive et prête à toutes les insultes pour déstabiliser son adversaire et le pousser à la faute. C’est fort dommage car il avait tout pour gagner: les idées, un avantage certain aux yeux des Français et une capacité à débattre hors du commun. Ses communiquants ont malheureusement bridé cette dernière en l’empêchant d’être contre-offensif et il en restera une image d’un Sarkozy un peu terne et mal à l’aise en fin de débat.
Espérons que le débat ne fera pas le vote !


03/05/2007 at 20:56 Permalink
Analyse parfaite de ce débat
malheureusement…..