Nicolas Sarkozy se déclare hostile “au téléchargement”
Thomas »
22 October 2006 »
In Droit »
Nicolas Sarkozy s’est exprimé devant plus de 2000 personnes réunies dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne pour la quinzième édition de la Cité de la réussite, samedi 21 octobre.Il a bien sûr évoqué ses thèmes de campagne favoris tels que l’immigration choisie, les 35 heures qu’il faut réformer ou encore la discrimination positive. Mais il a aussi évoqué le “peer to peer” et ce dans les premières cinq minutes de son intervention. Est-ce là un signe de l’importance qu’a prise la question ? Ceux qui espéraient une éventuelle critique de la loi DADVSI ont été pourtant bien déçus.
Le président UMP a en effet commencé par s’en prendre au jeunisme. “Ce n’est pas parce qu’un jeune dit quelque chose qu’il a forcément raison” a-t-il asséné sous les applaudissements de l’auditoire. Pour étayer cette affirmation Nicolas Sarkozy a pris l’exemple du peer to peer. “On me parle du peer to peer. Moi, je sais que c’est, c’est le téléchargement” a-t-il expliqué. Il a ensuite rappelé la levée de bouclier contre la loi DADVSI, protestation qui selon lui émanait seulement de “jeunes” toujours prompts à réagir. Il a rappelé que “la propriété qu’elle soit intellectuelle ou physique doit être protégée” et a enchaîné sur le leitmotiv bien connu que le peer to peer participe à la disparition de la culture et de la création. Encouragé par le tonnerre d’applaudissements en provenance de la salle, Nicolas Sarkozy a juré la main sur le coeur qu’il avait cinq enfants qui “ne téléchargeaient pas” et a conclu en disant que le téléchargement était un mal qui devait être puni. Il a aussi promis de faire fermer les sites qui permettent le téléchargement “en masse” d’oeuvres protégées.
Ces déclarations ont de quoi inquiéter les internautes. Les propos de Nicolas Sarkozy ont laissé entendre que tout téléchargement se faisait forcément au détriment du copyright. Or, au risque d’enfoncer des portes ouvertes, on rappellera qu’il existe pléthore d’”oeuvres” et de “créations” librement téléchargeables sur Internet (logiciels libres, musique gratuite parfois même proposée des majors de l’industrie du disque, documents libres de droits, etc.). Peut-être les conseillers de M. Sarkozy feraient-ils bien de lui écrire quelques fiches sur le sujet. C’est en effet ce genre d’attitude du “tout répressif” qui menace la culture et la création, plus que le peer to peer ou le “téléchargement”. Enfin, assimiler la propriété intellectuelle avec la propriété physique révèle une profonde méconnaissance du sujet, d’autant moins pardonnable que Nicolas Sarkozy est avocat de formation. Le président de l’UMP a constamment répété lors de son intervention à la Sorbonne que les hommes politiques devaient parler vrai aux électeurs, ne pas hésiter à entrer dans les détails et surtout ne rien caricaturer. Pourquoi ne commencerait-il pas à montrer l’exemple lorsqu’il parle des technologies ?
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