La guerre entre la Russie et la Géorgie est riche d’enseignements et m’inspire les quelques réflexions suivantes.
Entrée de chars russes à Gori à 60 km de Tbilissi
Source: Lemonde.fr
Tout d’abord, la Russie se marginalise de plus en plus au sein du concert des nations. Bien avant le déclenchement du début des hostilités en Géorgie, la Russie a été ces derniers temps au devant de l’actualité pour des affaires peu glorieuses: en vrac, tragédie du Beslan, empoisonnement de Litvinenko au Polonium à Londres par Lugovoï à présent membre de la Douma sous les couleurs du parti de Poutine, interdiction de l’activité du British Council en Russie, tentatives d’intimidation et d’escroquerie vis à vis d’entreprises étrangères (comme BP), éléctions présidentielles truquées (la Tchétchénie a voté à plus de 98% pour Poutine/Medvedev…), etc. Tout cela n’a pas contribué à rapprocher la Russie de l’Occident et le royaume de Poutine a poursuivi sa dérive jusqu’à devenir un sorte de pariat de la communauté internationale dont la guerre lancée contre Tbilissi a été l’apogée.
Litvinenko, empoisonné par un député de Russie Unie, le parti de Poutine
Cette guerre, justement, illustre parfaitement la régression de la diplomatie russe toujours humiliée de l’éclatement de l’URSS en 1991. Churkin, l’ambassadeur russe aux Nations Unies, l’a clairement dit à son homologue géorgien lors des débats du Conseil de Sécurité : « vous avez voulu l’indépendance, maintenant il faut en payer le prix ». Se souvenant sans doute de 1968 où la Russie a envahi la Tchécoslovaquie pour effectuer un changement de régime, Moscou a voulu appliquer une stratégie qui gagne. Le régime russe a installé un ancien lutteur analphabète, Eduard Kokoity, en Ossétie du Sud. Pour faire face à cette lourde tache de président, Kokoity est assisté d’un directeur… tout droit venu de Moscou ! Toujours est-il que cette région de 60 000 âmes (dont plus de 70% ont la nationalité russe) s’est déclarée autonome, ce qui a été immédiatement reconnu par la seule Russie. Depuis lors, pour stabiliser cette région, les Russes et les Géorgiens ont décidé l’envoi de peacekeepers mais cette force mixte n’était en réalité composée que de soldats russes qui remplissaient leur mission plus ou moins consciencieusement…
Eduard Kokoity, « Président » analphabète de l’Ossétie du Sud
Profitant sans doute de la trève olympique et pensant – naïvement – que personne n’allait réagir, les Russes ont alors décidé de tendre un piège à Saakachvili. Ils lui ont fait croire que Kokoity était devenu hors de contrôle et qu’il était incapable de stopper les émeutes en Ossétie. Le sous-entendu était explicite: vous pouvez disposer de Kokoity qui n’écoute plus Moscou. Le piège était tendu et a fonctionné à merveille: Saakachvili a lancé une offensive en Ossétie, convaincu que les Russes ne bougeraient pas et voilà comment la guerre a démarré : les Russes sont intervenus au nom du maintien de la paix et de la protection des populations au passeport russe.
Le seul paramètre que Poutine et sa clique n’ont pas vraiment pris en compte dans cette affaire c’est que le monde a changé et que les ex-satellites sont à présent des états souverains et indépendants. Cela a eu pour conséquence d’entraîner des réactions de condamnation en crescendo au niveau international, et pour une fois, le concert des nations était presque à l’unisson pour dénoncer le massacre de populations civiles par une armée soviétique qui tire sur tout ce qui bouge en Géorgie (y compris notre ministre des affaires étrangères…). Le prétexte de maintien de la paix en Ossétie du Sud n’a en effet convaincu personne… Les Etats-Unis, en pleine campagne présidentielle, ont eu, dans un premier temps, des réactions modérées (à l’exception des accusations de l’ambassadeur américain aux Nations Unies) d’appel au calme. L’Europe a alors tenté de s’imposer comme médiateur entre les parties et N. Sarkozy, président de l’UE, est allé présenter aux protagonistes un « peace plan » en 3 points.
Medvedev, Sarkozy et Saakachvili… mais où est Poutine ?
Source: Ouest France
Ce document proposé par la France a été immédiatement signé par Tbilissi, presque sans aucune réserve. C’est à Moscou que le président français s’est heurté aux plus de difficultés. Comme le révèle cet article de l’International Herald Tribune, les Russes ont exigé l’introduction du conditions supplémentaires et en particulier un cinquième point très vague permettant à l’Armée Rouge de prendre toutes les mesures nécessaires à « la stabilité et à la paix ». Sarkozy est allé présenter cette exigence à Saakachvili qui a émis de fortes réserves, notamment sur le fait que ce cinquième point n’avait pas de limite de temps. Lorsque Sarkozy a voulu téléphoner à Medvedev pour lui faire part des attentes géorgiennes, il s’est vu refuser la communication avec le président russe qui l’a fait attendre pendant plus de deux heures avant de sèchement lui signifier que le traité de paix n’était plus négociable et que Tbilissi devait accépter toutes les conditions. Ce plan fournit donc véritablement une excuse aux Russes pour continuer leur offensive en Géorgie sous couvert du maintien de la stabilité et de la sécurité. C’est en se servant de ce cinquième point du peace plan que Moscou justifie son activité maritime dans les eaux géorgiennes, la prise de la ville de Gori, la destruction et l’occupation du port de Poti… et ça n’est qu’un début.
Cela m’amène à ma dernière réflexion : la faiblesse du monde occidental face à la Russie et la recherche presque ridicule d’un compromis en la matière. C’est triste à dire mais la Russie, comme la Chine d’ailleurs, ne comprennent que l’humiliation. Toute tentative de négociation ou de compromis est perçue comme un signe de faiblesse de la part de la communauté internationale voire même une sorte de blanc-seing pour continuer leurs actions. Pourquoi l’UE n’nenvoie pas immédiatement des soldats et des observateurs sur place. Pourquoi les Américains sont encore une fois les seuls à menacer clairement la Russie de représailles diplomatiques et économiques ? Pourquoi l’Europe ne peut-elle pas passer à l’action lorsque la diplomatie ne mène plus à rien ? Pourquoi l’Europe ne condamne pas en termes très sévères (similaires à ceux employés par Condoleeza Rice hier lors de sa conférence de presse) les exactions russes ? Non seulement il y a urgence pour la Géorgie mais ne rien faire de plus installerait un dangereux précédent dans la région.
La bataille continue autour du déménagement de l’EFB à Aubervilliers souhaité et conçu par le batônnier de Paris.
Le Conseil de l’Ordre des Avocats s’est réuni et comme le relate le site de l’AEA (association des élèves avocats) les décisions suivantes ont été prises:
Nomination d’une commission dirigée par Monsieur le Bâtonnier Farthouat, chargée d’examiner les possibilités de déménagement et les conditions dans lesquelles le site d’Aubervilliers pourrait accepter à terme l’Ecole du Barreau.
Aucun vote n’a eu lieu quant au déménagement
Toute situation d’urgence semble être écartée : la Commission devant être nommée d’ici 3 semaines, l’examen des propositions ne devant commencer au plus tôt que d’ici un mois, un déménagement avant l’été semble être écarté
Il semble donc que le Conseil ait décidé de jouer la montre en demandant à une Commission d’examiner les propositions, de rendre un rapport, d’assurer un débat autour du rapport… bref, c’est pas pour demain ce déménagement et certainement pas pour cet été comme le clamait haut et fort Me Charrière-Bournazel il y a quelques jours encore.
Tout cela a contribué à créer un climat de défiance entre le bâtonnier et le personnel de l’école notamment. Ayant assisté à la journée de soutien à Ingrid Bétancourt, j’ai pu constaté que le bâtonnier et M. Nicolaÿ, le directeur de l’Ecole, ne se serraient même plus la main et s’évitaient du regard… Bonjour l’ambiance…
En conclusion, voici le rapport qui nous a été transmis par une délégation de personnes s’étant rendue sur place pour faire une visite du site d’Aubervilliers en compagnie d’Icade, le promoteur immobilier qui doit être bien marri à présent… voir ici: compte-rendu-de-la-visite-du-521-rue-waldeck-rochet. Ce qui ressort de ce document c’est que rien ne sera prêt avant 2012 date où le métro irriguera la ville de toute part, où la pollution ne sera plus qu’un mauvais souvenir et les usines se seront transformées en pavillons bourgeois avec des enfants souriants-comme-dans-les-pubs-Kinder jouant dans des jardins paradisiaques. Vous y croyez ? Regardez encore une fois les photos…
Si vous voulez avoir quelques fous-rires en ce début de semaine, nos amis anglais sont toujours au rendez-vous… Je vous invite à aller sur ce site: http://www.bodypainting.co.uk/portfolio/modelling/index.html et à découvrir de vrais modèles dont on se demande pourquoi ils n’ont pas encore faits la couverture de Vogue. Attention, âmes sensibles, s’abstenir…
C’était « le ridicule ne tue pas » made in England !
Seattle, le berceau de Microsoft, a connu l’un de ses plus minables feux d’artifice grâce… à windows Vista. Voir ici. Un bug informatique a empêché les feux d’artifice d’être tirés et les millions de spectateurs n’ont entendu que de la musique… dans le noir ! Finalement les feux d’artifice ont dû être tirés manuellement après que l’ordinateur ait été redémarré (sans succès) puis éteint !
Code civil aka « Vous aimez l’histoire et les histoires compliquées ? »
2 morceaux choisis au gré de mes récentes lectures…
Art 657: » Tout copropriétaire peut faire bâtir contre un mur mitoyen, et y faire placer des poutres ou solives dans toute l’épaisseur du mur, à cinquante-quatre millimètres près, sans préjudice du droit qu’a le voisin de faire réduire à l’ébauchoir la poutre jusqu’à la moitié du mur, dans le cas où il voudrait lui-même asseoir des poutres dans le même lieu, ou y adosser une cheminée. »
Art 595: « L’usufruitier peut jouir par lui-même, donner à bail à un autre, même vendre ou céder son droit à titre gratuit.
Les baux que l’usufruitier seul a faits pour un temps qui excède neuf ans ne sont, en cas de cessation de l’usufruit, obligatoires à l’égard du nu-propriétaire que pour le temps qui reste à courir, soit de la première période de neuf ans, si les parties s’y trouvent encore, soit de la seconde, et ainsi de suite de manière que le preneur n’ait que le droit d’achever la jouissance de la période de neuf ans où il se trouve.
Les baux de neuf ans ou au-dessous que l’usufruitier seul a passés ou renouvelés plus de trois ans avant l’expiration du bail courant s’il s’agit de biens ruraux, et plus de deux ans avant la même époque s’il s’agit de maisons, sont sans effet, à moins que leur exécution n’ait commencé avant la cessation de l’usufruit.
N-B: Le paragraphe ci-dessus est tellement obscur que les juges ne peuvent l’appliquer et ne l’ont d’ailleurs jamais fait
L’usufruitier ne peut, sans le concours du nu-propriétaire, donner à bail un fonds rural ou un immeuble à usage commercial, industriel ou artisanal. A défaut d’accord du nu-propriétaire, l’usufruitier peut être autorisé par justice à passer seul cet acte. »
Après des semaines d’intenses révisions et des épreuves (qui comme leur nom l’indique sont éprouvantes !) de 3 jours pour le concours l’examen du barreau, un petit week-end loin du droit s’imposait…l’occasion pour moi de tester mon nouvel appareil photo: l’Olympus Evolt 510.
Nous sommes allés visiter le château de Fontainebleau, demeure de nombreux occupants illustres: François Ier, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Napoléon Bonaparte, Napoléon III et le Pape Pie VII entre autres. Pour une chronologie exhaustive de la vie du château on pourra lire http://www.chateaudefontainebleau.net/chronologie.php (attention aux yeux, le site est d’un graphisme… très renaissance)
La seule salle du trône restée intacte en France
La SNCF (j’en dis du bien mais une fois n’est pas coutume) propose au départ de Paris Gare de Lyon un forfait train+bus+château très pratique pour éviter de faire la queue cinquante fois et très économique.
L’intérieur du château est très bien aménagé et un audio-guide (compris dans le forfait SNCF!) nous guide admirablement de pièces en pièces… La visite dure environ 1h30 ce qui laisse pas mal de temps pour flâner dans les jardins royaux impeccablement entretenus.
Les photos sont sur Flickr (http://www.flickr.com/tomamico). Les premières images prises avec mon nouvel Olympus E 510 ! Elles ne sont pas encore retouchées par Lightroom faute de temps mais la prochaine série le sera certainement.
Au final, une très belle journée (il n’a pas plu !) dans l’Histoire de France… Je conseille !
Attendu que pour rejeter cette demande, l’arrêt se borne à retenir qu’il incombait à la société Valente d’adapter son mode de fabrication aux équipements qu’elle avait librement achetés et que le seul fait que par suite du serrage trop important de la pâte au passage dans le canal de boulage, les pâtons accrochent l’extrémité du tapis de chargement dans les godets pour charger la balancelle et sortent de dimension irrégulière de cette balancelle n’est pas suffisamment grave pour justifier l’anéantissement de la vente du groupe peseur ;
Z’avez pas compris ? Me neither…c’est une histoire de canal de boulage et de godets de pâtons dans la balancelle… Vive le droit!
Ce n’est pas dans mes habitudes ni dans l’esprit de ce blog mais là j’ai vraiment envie de lancer un coup de gueule contre les musiciens du métro.
Tout d’abord, je tiens à dire que je n’ai rien contre ces musiciens en tant que tels. Je serais très heureux s’ils jouaient dans les couloirs ou sur les quais de métro. Ce contre quoi je m’insurge, c’est leur présence à bord des trains aux heures de pointe. Non seulement le métro est déjà bondé et c’est une véritable fournaise mais il faut encore supporter un arrangement à la roumaine d’hymnes trop de fois réinterprétés et entendus.
Ne nous voilons pas la face ! 99% des musiciens font en réalité plus du bruit que de musique. Soit la plupart des « artistes » ne sont pas accrédités, soit je me pose de sérieuses questions sur les goûts musicaux du jury de la « métro academy« . Que n’ai-je pas vu ces derniers temps ? ça va de la junkie qui chante a capella un air à vous foutre le bourdon à 9h le matin au roumain de 14 ans se livrant à un quasi strip-tease sur une mauvais fond sonore (boom boom boom) et encore je passe les guitaristes du dimanche et les accordéonistes qui vous garantissent un mal de crâne arrivé à destination.
j’ai calculé qu’en moyenne, sur mon trajet domicile-travail de 40 minutes (ND des Champs – Monceau) j’étais sollicité 4 fois par jour par des musiciens et autres saltimbanques… et toujours en pleine heure de pointe quand tout le monde est collé les uns contre les autres dans un véritable sauna, option offerte gratuitement par la RATP. Si je donnais un euro à chacun, je dépenserai près de 100 euros par mois ! Avec autant de demandes, on finit par ne plus rien donner à personne. C’est d’ailleurs le seul moyen de les dissuader de revenir.
Je crois qu’il faudrait remettre un peu de tranquillité dans les transports en commun qui occupent beaucoup de notre temps. La RATP ne fait déjà pas grand chose pour améliorer ses services et gérer l’afflux toujours plus massif de voyageurs, elle pourrait au moins limiter le nombre de musiciens qui em*** les voyageurs plus qu’autre chose.
Laissons la musique à l’extérieur des trains afin que de pouvoir voyager dans un inconfort un peu diminué !
Le débat d’hier soir entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal a dû en surprendre certains. Beaucoup craignaient que Sarkozy ne soit trop agressif, trop tendu face une Ségolène vulnérable et désarmante or c’est tout l’inverse qui s’est produit !
Sarkozy s’est en effet montré très (trop) courtois face à une Ségolène « en colère mais pas énervée ». Le débat a connu deux temps bien distincts. Dans une première partie, Sarkozy a facilement dominé une Ségolène Royal peu à l’aise sur le terrain économique, brouillonne dans ses réponses et floues dans ses projets. On en veut pour preuve le silence assourdissant de Ségolène à propos de cette nouvelle taxe sur les produits boursiers dont ni l’assiette, ni le taux, ni la recette espérée n’ont pu être précisés. Royal changeait en permanence de sujet commençant une tirade sur l’hopital pour parler ensuite des femmes fonctionnaires (à qui elle a promis un garde du corps personnel après 20H !!!) et conclure sur « les patrons sociaux décideront » (sic). Après cette bouillie verbale sur l’économie, le chômage et les retraites qui n’avait ni queue ni tête, le thème de l’énergie a fait basculer le débat dans une autre dynamique.
Après avoir fait l’apologie du nucléaire, Nicolas Sarkozy s’est fait invectiver par Ségolène qui lui a soutenu que la part du nucléaire dans la quantité d’électricité produite en France était de 17%. Sarkozy, qui ne semblait pas connaître le dossier, lui a rétorqué que cette proportion devait être plus élevée: de l’ordre de 50%. La réalité se trouve dans les chiffres officiels de l’OCDE: 78, 3% (http://www.nea.fr/html/general/profiles/france.html) C’est assez stupéfiant de voir que Ségolène a insisté sur un chiffre faux avec autant d’audace, sans jamais se remettre en question et en ne faisant preuve du moindre bon sens en la matière. Après cette attaque frontale sur Sarkozy, celui-ci s’est replié sur lui même laissant toujours plus de place à une Ségolène au bord de l’hystérie qui ne proposait plus rien mais ne faisait que critiquer son adversaire. Tout le monde a vu et revu la royale colère au sujet des enfants handicapés, colère bien évidemment préparée (avec des phrases types apprises par coeur: « je garderai ma capacité de révolte intacte », etc.) ce qui rend son utilisation du thème du handicap bien plus politicienne que Sarkozy. Jusqu’à la fin, Ségolène va rester pugnace et agressive face à un Sarkozy en retrait, ne sachant pas comment se comporter avec sa rivale quelque peu mal élevée.
Tel est pris qui croyait prendre. Sarkozy s’est retrouvé trop lisse, trop poli face à une Ségolène offensive et prête à toutes les insultes pour déstabiliser son adversaire et le pousser à la faute. C’est fort dommage car il avait tout pour gagner: les idées, un avantage certain aux yeux des Français et une capacité à débattre hors du commun. Ses communiquants ont malheureusement bridé cette dernière en l’empêchant d’être contre-offensif et il en restera une image d’un Sarkozy un peu terne et mal à l’aise en fin de débat.