2

Convoqué !

Publié par Thomas le 9 mar 2010 dans Blog

Suite à l’affaire que je vous avais narrée par le menu ici (C’est aussi pour ça que je suis devenu avocat), je suis convoqué comme témoin le 25 mars prochain par l’Inspection Générale des Services (IGS), la police des polices.

voici la convocation (Depuis la mésaventure de mon confrère Wasserman, j’ai eu un peu peur en ouvrant l’enveloppe… )

Tout cela prouve que cette affaire ne restera peut-être pas sans suite et qu’une enquête sur l’attitude de la police ce jour là est en cours.

Sinon, j’ai finalement réussi à m’inscrire à la formation pénale organisée par le barreau de Paris pour pouvoir être désigné d’office et assister aux comparutions immédiates… Première séance samedi prochain à 9h !

Mots-clefs :, , , , , ,

 
2

La fin des gardes à vue sans avocat ?

Publié par Thomas le 24 fév 2010 dans Actualités, Blog, Droit

La bataille fait rage entre les juridictions du fond sur les conditions de la garde à vue et en particulier sur la validité de déclarations faites en garde à vue hors la présence d’un avocat.

Tout a commencé par une série de décisions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) sur les conditions de la garde à vue en Turquie. Le droit turc de la garde à vue étant très similaire au droit français, il est fort à parier que la Cour visait aussi la France lorsqu’elle a déclaré les dispositions turques contraires à l’article 6 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Pour faire court, le premier coup de butoir de la CEDH (arrêt Salduz c. Turquie) remonte au 27 novembre 2008. Dans cet arrêt, la Cour énonce déjà que:

l’article 6 [de la Convention EDH] exige normalement que le prévenu puisse bénéficier de l’assistance d’un avocat dès les premiers stades des interrogatoires de police [...] la Cour estime que, pour que le droit à un procès équitable consacré par l’article 6 § 1 demeure suffisamment « concret et effectif », il faut, en règle générale, que l’accès à un avocat soit consenti dès le premier interrogatoire d’un suspect par la police, sauf à démontrer, à la lumière des circonstances particulières de l’espèce, qu’il existe des raisons impérieuses de restreindre ce droit. Même lorsque des raisons impérieuses peuvent exceptionnellement justifier le refus de l’accès à un avocat, pareille restriction – quelle que soit sa justification – ne doit pas indûment préjudicier aux droits découlant pour l’accusé de l’article 6. Il est en principe porté une atteinte irrémédiable aux droits de la défense lorsque des déclarations incriminantes faites lors d’un interrogatoire de police subi sans assistance possible d’un avocat sont utilisées pour fonder une condamnation.

La Cour en conclut qu’en privant systématiquement (et non de façon exceptionnelle) le gardé à vue de contact avec un avocat, le droit turc est contraire à l’article 6 de la Convention EDH.

Fin 2009, la CEDH a rendu une rafale d’arrêts confirmant sa jurisprudence Salduz et développant sa conception d’une garde à vue compatible avec la Convention. C’est ainsi qu’on pourra lire les arrêts Danayan c. Turquie (no 7377/03) du 13 octobre 2009, Kolesnik c. Ukraine (requête no 17551/02), Boluçok c. Turquie (n°35392/04) du 10 novembre 2009Pishchalnikov c. Russie, requête n° 7025/04 du 24 septembre 2009.

Dans la décision Danayan, la Cour précise les modalités de l’intervention de l’avocat. Celle-ci ne doit pas être une simple présence de 30 minutes aux côté du gardé à vue, sans accès au dossier, comme le prévoit le droit français actuel. En effet, en France, l’avocat ne peut voir le gardé à vue qu’une trentaine de minutes, sans accès au dossier. Sa mission se cantonne donc à remonter le moral de son client et lui donner des indications sur les suites de la procédure.

La CEDH précise donc dans sa décision Danayan c. Turquie que :

l’accusé doit, dès qu’il est privé de liberté, pouvoir bénéficier de l’assistance d’un avocat et cela indépendamment des interrogatoires qu’il subit (pour les textes de droit international pertinents en la matière, voir Salduz, précité, §§ 37-44). En effet, l’équité de la procédure requiert que l’accusé puisse obtenir toute la vaste gamme d’interventions qui sont propres au conseil. A cet égard, la discussion de l’affaire, l’organisation de la défense, la recherche des preuves favorables à l’accusé, la préparation des interrogatoires, le soutien de l’accusé en détresse et le contrôle des conditions de détention sont des éléments fondamentaux de la défense que l’avocat doit librement exercer.

Ces décisions ont eu un très fort impact en France puisque notre droit, quasi-identique au droit turc, s’est retrouvé en pleine ligne de mire de la CEDH. Il a fallu le placement en garde à vue d’une célèbre avocate parisienne dans des conditions tout à fait scandaleuses pour que le débat sur les conditions de la garde à vue s’enflamme.

Les avocats parisiens ont été poussés à soulever systématiquement la nullité des gardes à vue en invoquant la jurisprudence de la CEDH. Un modèle de conclusions à cette fin a même été publié sur le site de l’Ordre des avocats (voir ici).

Tout le monde s’est ému du nombre de gardes à vue en France, bien souvent pour des motifs futiles ou inexistants.

Source: LeFigaro.fr

La première décision est venue de Bobigny, début décembre 2009, où une procédure fondée sur une garde à vue a été annulée faute de l’assistance d’un avocat. La décision est disponible ici.

A Paris, les premiers à tirer ont été les magistrats de la 12e chambre du TGI de Paris, présidée par Serge Portelli,qui ont rendu une décision d’annulation concernant 5 gardes à vue le 28 janvier dernier. La décision est disponible ici.

Les magistrats ont estimé que les règles françaises de garde à vue empêchaient l’avocat d’accomplir sa mission conformément aux règles européennes qui garantissent les droits de la défense. Les juges considèrent que les dispositions de la Convention Européenne des Droits de l’Homme imposent non seulement la présence de l’avocat en garde à vue, mais également l’accès au dossier.

Cependant, une voix discordante ne devait pas tarder à se faire entendre. Par un arrêt du 9 février 2010, la cour d’appel de Paris a validé une procédure au cours de laquelle le gardé à vue, qui avait exprimé le souhait de bénéficier de l’assistance d’un avocat à la soixante-douzième heure, avait été conduit devant le juge d’instruction avant l’expiration de ce délai.

Dans cette décision, la Cour d’appel reprend presque mots pour mots l’argumentaire développé par la Chancellerie pour tenter de faire croire que le droit français est compatible avec l’article 6 de la Convention EDH.

En premier lieu, la Cour d’appel estime que les arrêts de la CEDH ne concernent que la Turquie et rien que la Turquie. Il serait donc vain de les invoquer en France. Ceci est tout simplement aberrant et à la limite du ridicule… La CEDH étant une juridiction supra-nationale, sa jurisprudence s’applique à tous les pays signataires de la Convention comme le rappelait encore récemment le Président de la CEDH lui-même (voir ici).

En second lieu, dans un raisonnement qui ne convainc pas grand monde, la Cour d’appel tente de démontrer que le droit français de la garde à vue est compatible avec la Convention EDH et la jurisprudence de la CEDH dont la Cour d’appel vient pourtant de dire qu’elle est inapplicable… La décision est ici pour ceux qui veulent plus de détails.

La solution viendra certainement de la Cour de cassation ou de la CEDH mais il y a fort à parier que le droit français sera déclaré incompatible avec les exigences d’un procès équitable.

C’est dans cette optique que la Chancellerie a présenté le 12 février dernier quelques maigres propositions annonces visant à améliorer les conditions de la garde à vue. Un projet de loi a par ailleurs été présenté au Sénat.

Il reste à espérer que les derniers jours de la garde à vue sans violence sans avocat ont bel et bien sonné.

Mots-clefs :, , , , , , ,

 
2

Quand la police fait du droit, nos libertés reculent

Publié par Thomas le 25 nov 2009 dans Blog, Droit
Source: Le Nouvel Observateur

Source: Le Nouvel Observateur

Un arrêt récent de la CEDH (Dayanan c. Turquie, 13 octobre 2009) a relancé le débat sur la présence de l’avocat lors la garde à vue. La CEDH affirme en effet qu’ « un accusé doit, dès qu’il est privé de liberté, pouvoir bénéficier de l’assistance d’un avocat et cela indépendamment des interrogatoires qu’il subit« . Cela contredit quand même assez le Code de procédure pénale français qui prévoit ce que le Bâtonnier de Paris appelle une visite de courtoisie: c’est à dire une brève entrevue du gardé à vue avec son avocat qui se contente de lui expliquer le déroulement de la procédure, sans pouvoir préparer sa défense, faute d’accès au dossier. A l’appel du Bâtonnier de Paris, de nombreux avocats n’hésitent plus à soulever la nullité de la garde à vue en se servant de la jurisprudence Dayanan. On ne sait pas encore ce que va dire la justice…

Mais qu’en pense la police ?

Un chat avec Yannick Danio, porte parole de l’UNSA (syndicat de policiers) sur le site du Monde, nous apporte un début de réponse.

Tout d’abord sur l’augmentation inquiétante du nombre de gardes à vue, la police nous explique que c’est un peu la faute de tout le monde.

Morceau choisi: « D’un point de vue plus technique, la Cour de cassation, répondant à la directive de la Cour européenne des droits de l’homme, a semble-t-il donné des instructions au parquet, au procureur de la République, pour placer plus facilement les gens en garde à vue, en arguant que cela leur ouvrait des droits, notamment ce fameux droit à l’avocat« .

Les mots me manquent tant le propos est juridiquement aberrant. La Cour de cassation, chargée d’examiner la conformité des décisions de justice au droit, ne donne absolument aucune instruction au Parquet. Le Parquet est placé sous l’autorité de la Chancellerie et seule le Garde des Sceaux peut donner des instructions (en théorie assez générales) pour définir une politique pénale cohérente sur le territoire. Ensuite, les directives émanent des institutions européennes et sont de véritables normes s’imposant aux Etats Membres après transposition en droit national. Le juge compétent pour les interpréter est la CJCE qui n’a rien à voir avec la CEDH. Cette dernière est garante du respect de la Convention Européenne des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales. Cette Convention a été signée au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans le cadre du Conseil de l’Europe, une organisation internationale consacrée à la paix et aux droits de l’homme, totalement distincte de l’Union Européenne, notamment en ce qu’elle est beaucoup plus large (47 États membres, dont la Turquie et la Russie !).

Par ailleurs on comprend mal pourquoi la garde à vue ouvrirait des droits à l’accusé et surtout à droit à l’avocat. Il ne faut pas être un génie pour comprendre qu’une personne en liberté a toute lattitude pour consulter un avocat et s’entretenir avec lui de sa défense alors que la gardé à vue ne voit son avocat que 30 minutes et pas pour parler défense. La garde à vue n’ouvre aucun droit supplémentaire, au contraire. Elle est bien souvent le moment d’une humiliation organisée, d’une tentative d’extorsion d’aveux plus ou moins sincères.

Le reste du chat est à l’avenant. Pour être franc, je n’arrive pas à déterminer si Danio est vraiment nul en droit et particulièrement en procédure pénale ou s’il est d’une mauvaise foi patente. Ainsi, à la question « Qui décide du temps de la garde a vue ?« , notre flic de choc répond benoîtement « Le code de procédure pénale« . Ben voyons ! Le Code prévoit une durée maximale de 24 heures, renouvelable une fois (ou plusieurs car depuis la loi Perben II du 9 mars 2004, la garde à vue peut durer jusqu’à 96h pour un certain nombre d’infractions) sur autorisation d’un magistrat. Or c’est bien le magistrat qui décide de la prolongation pas le Code ! Les policiers demandant la prolongation de la garde à vue sont d’ailleurs presque toujours exaucés, ce qui leur fait souvent croire, à tort, que le code de procédure pénale leur permet en fait de gardé un accusé pendant 48h.

Le chat se prolonge dans la même veine. Extraits:

 »Ne vaudrait-il mieux pas conserver la garde à vue pour tous en l’encadrant différemment et en donnant plus de pouvoir à l’avocat ?

Ce qu’a dit Michèle Alliot-Marie, c’est que toutes les personnes gardées à vue aujourd’hui ne sont que des personnes qui encourent des peines de prison. Cela fait partie des conditions pour être placé en garde à vue. Donc il n’y a là rien de nouveau. On ne place pas quelqu’un en garde à vue pour une contravention, par exemple. »

Là encore, la mauvaise foi est patente. La majorité des garde à vue est motivée par les délits d’outrage ou de rébellion mais ce n’est généralement pas l’infraction qui a motivé l’intervention de la police. Une simple recherche sur Google fournit une multitude d’exemples de garde à vue qui ont démarré pour une voiture mal garée ou la traversée d’une route au feu vert (voir ici pour cette histoire ahurissante). Dès que l’intéressé tente d’affirmer son innocence un peu trop fort, les policiers considèrent qu’il commet le délit d’outrage (puni de six mois de prison si commis contre une personne dépositaire de l’autorité publique si ma mémoire est bonne) et le voilà parti pour 48h de folie…

Continuons…

« Avez vous conscience que toutes les procédures sont annulables du fait du non-respect des principes posés par la CEDH ?

Nous ne faisons qu’appliquer le droit français, et c’est aux autorités judiciaires d’accorder le droit français avec les directives européennes.
Les policiers et gendarmes ne sont que des exécutants des autorités judiciaires. Et du droit ».

Vu le niveau, ça fait peur …encore une confusion entre les décisions de la CEDH et les directives européennes…

Je pourrai reproduire l’intégralité du chat, chaque phrase étant presque une perle… Cette méconnaissance de la loi et de la procédure par ceux là mêmes qui sont censés la respecter et la faire respecter me laisse pantois. Cette ignorance, mêlée de mauvaise foi et conjuguée au sentiment d’impunité que la politique pénale du gouvernement actuel a faire naître est tout simplement préoccupante.

Un état de droit ne fonctionne que si ceux qui sont chargés de faire respecter la loi en connaissent les bases et sont susceptibles de sanction en cas d’abus d’autorité… deux garde-fous qui tendent à devenir, hélàs, de plus en plus hypothétiques…


Mots-clefs :, , , , , , ,

 
2

C’est aussi pour ça que je suis devenu avocat…

Publié par Thomas le 28 oct 2009 dans Actualités, Blog, Droit, Politique
as_sarko

source: http://sarkopitheque.wordpress.com/

J’ai enfin obtenu mon CAP d’avocat, le CAPA ! Comme tout CAP, les études sont un mélange de pratique et de théorie et presque tout le monde réussit l’examen final… Mais les études pour devenir avocat ne sont pas le sujet de ce post.

Non, je veux témoigner ici de quelque chose de plus grave.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, quelques mots sur le contexte….

Une fois le CAPA obtenu, le futur avocat doit rencontrer un « rapporteur », généralement un ancien membre du Conseil de l’ordre, qui, après avoir rappelé certains grands principes de la profession au jeune impétrant, remplira un formulaire certifiant de la moralité et de l’aptitude de son futur confrère à exercer comme avocat. Une fois ce formulaire rempli, le dossier d’inscription est retourné au Conseil de l’Ordre et le futur avocat est enfin autorisé à prêter serment. La rencontre avec un rapporteur est donc un passage obligé pour tout avocat en devenir.

Le hasard a voulu que mon rapporteur soit une avocate pénaliste de Montmartre, Me Nicole Marxon-Milhaud. Je lui ai rendu visite à son cabinet mercredi 17 octobre afin qu’elle remplisse le fameux formulaire … Nous avions rendez-vous à 17H.

Je me suis présenté à l’heure dite à son cabinet, à deux pas du Sacré-Coeur et nous avons commencé à discuter de la relation entre l’avocat et son client. Me Marxon-Milhaud m’expliquait que certains de ses clients avaient essayé de la rendre complice de véritables manipulations judiciaires et que l’avocat devait à tout prix refuser de se laisser instrumenter. J’écoutais avec attention ces sages paroles quand la secrétaire fit irruption dans le bureau de mon rapporteur: « Maître, on a une urgence, deux de vos clients sont là et … des policiers aussi… » Sur ce, nous sortîmes tous du bureau et là….

Avant de continuer, il faut que je vous donne quelques mots d’explication sur les deux clients en question. Nous les appellerons Eric et Patrick. Il s’agit de deux SDF ayant construit un abris de fortune, passage des abbesses, à deux pas du Sacré Coeur. Du coeur, ils en ont aussi un sacré puisqu’ils accueillaient dans leur abris des personnes en détresse comme eux. Des habitants du quartier leur avaient donné un réchaud, quelques vivres et des couvertures. Mais voilà, d’autres habitants ne l’entendaient pas cette oreille et ne voulaient pas de cette tente géante au pied de leur immeuble…. La mairie avait donné aux deux sans-abris jusqu’à la fin du mois de novembre pour partir, étant précisé que d’ici là la police les laisserait tranquilles… la trêve fut plus courte que prévu puisque le 17 octobre au matin une dizaine de policiers faisaient irruption passage des abbesses et détruisaient l’abris de nos deux SDF. Les coups de matraque pleuvèrent, le contenu de la tente fut presque intégralement détruit par les forces de l’ordre qui brisèrent entre autre le réchaud et le téléphone portable de Patrick.

Ecoeurés, nos deux SDF errèrent dans le quartier avant d’essayer de récupérer ce qui pouvait l’être, passage des abbesses… C’est alors que des habitants auraient appelé la police pour leur signaler que des voleurs étaient en train de forcer une voiture et de ramasser des objets sur le sol… Vite arrivés, les forces de l’ordre identifièrent aussitôt Eric et Patrick qui n’essayaient pas de « voler une voiture » mais tentaient juste de ramasser ce qui restait des destructions du matin. Patrick, en particulier, voulait absolument retrouver la carte SIM de son téléphone portable pour récupérer le numéro de sa soeur, son seul contact familial qui habite dans le sud de la France. En vain.

Voyant cela, les policiers décidèrent de suivre nos deux compères, en se disant qu’ils allaient sans doute rejoindre d’autres SDF et qu’ils pourraient alors procéder à une arrestation groupée, très bonne pour les statistiques. Pas de chance, Eric et Patrick se rendaient chez leur avocate, Me Marxon-Milhaud… Qu’à cela ne tienne, nos zélés barbouzes ont alors décidé de les coffrer directement chez l’avocate !

Lors que nous sommes sortis du bureau, les 2 SDF et les 3 policiers étaient rentrés dans la salle d’attente de Me Marxon-Milhaud. Tout le monde était très énervé et les 2 SDF criaient haut et fort leur déception d’avoir été trompés par la mairie leur ayant promis un mois de répit. Les policiers se la jouaient Robocop et nous considéraient tous comme autant d’entraves à la bonne exécution de leur mission de maintien de l’ordre. Je tiens à préciser qu’à aucun moment je n’ai entendu les 2 SDF insulter la police. Ils étaient remontés, parlaient très fort mais sont restés corrects dans leurs propos.

Après une bonne dizaine de minutes pendant lesquelles Me Milhaud a tenté de jouer la médiatrice entre les policiers et ses clients, les esprits se sont encore un peu plus échauffés… Un contrôle d’identité a alors eu lieu à l’extérieur du cabinet avec le consentement des deux SDF. Une fois le contrôle effectué, les deux sans-abris ont pénétré à nouveau chez leur avocate … suivis des 3 policiers qui n’avaient certainement pas envie de rentrer bredouille à la maison. Le contrôle n’ayant rien donné, il leur fallait trouver autre chose.

Un des policiers a alors sorti de son béret une « fiche pénale » soit disant active à l’encontre d’Eric. Toisant l’avocate, il déclara qu’Eric était recherché et qu’il devait l’interpeller immédiatement. Me Milhaud protesta ouvertement, expliquant qu’elle avait obtenu une relaxe pour le compte d’Eric la semaine précédente dans une autre affaire et que si une fiche pénale existait réellement, le Procureur n’aurait pas manqué de l’évoquer à l’audience. Rien n’y fit, le brigadier de la BAC persista, menaçant l’avocate qui « hébergeait des criminels » de poursuites « judiciaires entrave à la justice ».

Les policiers ont alors procédé à l’interpellation musclée d’Eric à l’intérieur du cabinet, poussant Me Milhaud qui tentait de s’interposer et faisant fi de l’inviolabilité du cabinet d’avocat.

Sous le choc, après le départ des forces de l’ordre, nous avons prévenu le Bâtonnier et j’ai rédigé une attestation écrite de ce dont je venais d’être témoin.

J’ai d’ailleurs lu dans le dernier Bulletin du Bâtonnier, le Conseil de l’ordre avait procédé à un vote de soutien en faveur de Me Milhaud

Notre consœur Nicole Marxon-Milhaud a rencontré des difficultés avec les forces de police. Elles ont pénétré dans son cabinet pour arrêter deux SDF qui tentaient de s’y réfugier avec son accord. Le bâtonnier a très fermement protesté. Connaissance prise des faits et des démarches qui avaient été mises en oeuvre, le Conseil de l’ordre a tenu à voter pour assurer Mme Marxon-Milhaud de sa solidarité sans réserve et de son total soutien aux démarches entamées par le bâtonnier.

Cet épisode me laisse un goût amer et j’ai eu l’impression d’assister impuissant à une injustice flagrante. Le lendemain j’ai écrit à Me Marxon-Milhaud pour lui offrir mon aide dans cette procédure bien que je sois absolument certain qu’elle n’ait pas besoin de moi pour y faire face.

Je la remercie en tout cas profondément car elle m’a donné, sans le savoir, l’une des meilleures leçons qu’un rapporteur peut donner à un futur avocat: le goût de se battre contre les injustices. C’est aussi pour ça que je suis devenu avocat…

Mots-clefs :, , , , , ,

 
2

Exclusif : La France a un nouveau représentant permanent aux Nations Unies !

Publié par Thomas le 19 oct 2009 dans Actualités, Blog, Politique

Exclusif: Louis Sarkozy, 12 ans, après avoir redoublé son CM2, devient Représentant Permanent de France auprès de Nations Unies.

US-GENERAL ASSEMBLY-SARKOZY

Il siègera dès la semaine prochaine au Conseil de Sécurité pour lequel il a demandé la fourniture d’un « atlas illustré en langue française ».

Isabelle Balkany a déclaré : « c’est un diplomate né, bien meilleur que son père à son âge, d’ailleurs à l’école sa maîtresse l’appelait déjà Excellence ! « .

Le précédent titulaire du poste, M. Gérard Araud, a été nommé chef de service adjoint de l’office départemental des anciens combattants du Tarn.
Louis Sarkozy ne cache pas ses ambitions futures: « J’me rase pas encore et pourtant je pense déjà tous les matins qu’un jour je serai Président de la France » a-t-il admis lors de sa première conférence de presse internationale.

Mots-clefs :, , , , ,

 
2

Hadopi censurée !! La voici qui revient…

Publié par Thomas le 26 juin 2009 dans Blog, Droit, Technologies

loi-hadopi-censuree

Hadopi est morte…

Le 10 juin dernier, le Conseil constitutionnel a censuré une disposition de la loi Hadopi permettant à l’autorité administrative de couper la connexion Internet des internautes accusés de téléchargement illégal. Il considère que seul un juge pouvait décréter une restriction des libertés comme la coupure de l’accès internet. Pour lui, la liberté de communication édictée par la Déclaration des droits de l’Homme implique la possibilité d’accéder aux services en ligne. L’instance reconnaît pour la première fois le droit fondamental à l’accès à internet. Le Conseil constitutionnel a aussi jugé que la loi Hadopi remettait en cause la présomption d’innocence.

Il faut absolument lire cette décision du Conseil Constitutionnel qui fait de la fameuse « Commission de Protection des Droits » une immense machine à Spam sans pouvoir de sanctions. De plus, le Conseil précise que la Commission devra filtrer les dossiers qui finiront sur le bureau d’un juge afin de sanctionner ceux qui auront illégalement téléchargé des oeuvres protégées. C’est à dire que le Conseil assigne à la Commission un rôle absolument inverse à ce qu’était l’esprit de la loi HADOPI, c’est à dire la constitution d’une machine à sanctions qui aurait envoyé des dizaines de milliers de mails par jour et prononcé des centaines de coupure de la connexion Internet.

Me Eolas fait, comme d’habitude, un excellent commentaire de la décision.

Le lendemain, la Commission européenne a « salué » la « clarification » intervenue en France, en espérant que cela débloquera une importante réforme du marché des télécoms dans l’Union européenne.

La loi HADOPI est néanmoins publiée au JO. Son nom officiel est la loi n°2009-669 du 12 juin 2009 favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet

… vive Hadopi 2.0

Michèle Alliot-Marie a vite repris le flambeau en présentant un nouveau texte en conseil des ministres et le défendra devant le parlement convoqué en session extraordinaire le mois prochain (V. Décr. du 23 juin 2009, JO 25 juin).

Selon l’exposé des motifs, le gouvernement a tiré les enseignements de la censure par le Conseil constitutionnel du projet de loi favorisant la diffusion et la création sur internet.
Le nouvel article L. 335-7 du code de la propriété intellectuelle permettra, s’il est adopté tel quel, de condamner le contrefacteur qui commet son délit « au moyen d’un service de communication au public en ligne » à la suspension de l’accès à un service de communication au public en ligne ou de communication électronique pour une durée maximale d’un an, assortie de l’interdiction de souscrire pendant la même période un autre contrat portant sur un service de même nature auprès de tout opérateur. Évidemment, cette suspension n’affecte pas le versement du prix de l’abonnement au fournisseur du service d’accès à internet. La notification de cette décision au fournisseur d’accès sera faite par la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet qui retrouve ici un rôle actif, bien que minime, dans la répression du téléchargement illégal.

Rappelons quand même qu’une peine complémentaire peut-être accompagnée d’une peine principale et qu’en l’occurrence, pour des faits de contrefaçon puisqu’il s’agit bien encore de cela, la peine prévue est de trois ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende. En revanche, l’article 131-11 du code pénal permet le prononcé de la seule peine complémentaire et c’est peut-être ici que l’on retrouvera la première étape de la riposte graduée. Il est bien loin le temps où l’on parlait d’une dépénalisation du téléchargement des œuvres sans autorisation…

Mots-clefs :, , , , ,

 
2

Amazon mp3 débarque en France

Publié par Thomas le 15 juin 2009 dans Actualités, Blog, Technologies

Amazon mp3 débarque en France

Amazon mp3 débarque en France

Amazon a lancé il y a près d’une semaine son service de vente de mp3 en France après un succès reconnu aux Etats-Unis, même s’il ne fait pas encore de l’ombre à l’iTunes Store qui demeure le leader incontesté de la vente de musique en ligne.

Le service propose des fichiers mp3, sans DRM (c’est là un gros avantage mais Apple est en train d’y venir…), et d’une compression de 256 kbits/sec. Il faut télécharger un petit logiciel (compatible PC et Mac) qui permet de récupérer les fichiers une fois qu’ils ont été achetés et payés  sur le site.

Un petit logiciel permet de télécharger les fichiers une fois l'achat effectué sur le site

Un petit logiciel permet de télécharger les fichiers une fois l'achat effectué sur le site

Une fois téléchargés, il est facile de glisser les mp3 dans iTunes et là… petite surprise pour le CD que j’ai acheté, la compression semblait être du VBR et parfois en dessous des 256 kbits/sec promis par le site !

image-2

La compression promise n'est pas vraiment au rendez-vous

Les prix sont corrects mais comparables à ce que l’on peut trouver sur iTunes. A noter, quelques albums intéressants à 2,99 euros pour le lancement.

Si le service est une concurrence bienvenue à l’hégémonie de l’iTunes Store, il ne remplace pas pour moi un site idéal en termes de rapport/qualité prix : mp3panda.com que je vous recommande vivement !!

Mots-clefs :, , , , ,

 
2

êtes vous du soir ou du matin ?

Publié par Thomas le 8 juin 2009 dans Actualités, Blog, Droit

cartoon

Les avocats de chez Morrison Foerster ont reçu un petit message de leur managing partner ce matin à 8:00 h …

As we move into the summer, I thought it would be a good time to remind everyone about the expectations in this office about when the work day begins. We are, at core, a client service institution, both internally and externally. This means that is we need to plan our schedules to meet our clients’ needs and expectations. More importantly, the strength and value of our work depends on being able to communicate with and reply upon our colleagues and if folks are simply not around, that is harder to do. While I recognize that the changing face of our technology has allowed us to accomplish this in new and novel ways, it is still an important part of our business that each of us can depend upon and interact with our co-workers on a consistent basis.

In light of this, it is very important that folks get to work on time. If it was up to me, that would mean jumping jacks at 8:00 a.m. in the lobby. I am not sure, however, that I have convinced everyone that that is the right approach.

Our office’s work day does begin, however, no later than 9:30 a.m. each morning. Therefore, as a general matter, everyone should plan their early morning activities so that you are in the office ready to go at that time, i.e., rolling in at 10:00, 10:30 or 11:00 a.m. on a regular basis is not acceptable. I realize that there always exceptions and I respect that, as professionals, we are able to manage our own time. Therefore, I encourage each Department and Practice Group to address these issues to make sure that we are all working together to deliver our best work.

J’avoue que je reste assez perplexe sur la teneur du message. Quel intérêt à venir à 8h du matin ? les clients sont vraisemblablement dans leur lit et ne vont pas appeler pour demander frénétiquement  un projet de traité de fusion sous 48 h (ils font ça le vendredi soir, généralement vers 19h30).

9:30 semble une heure raisonnable pour arriver au bureau, surtout si on est parti la veille… Pour les urgences susceptibles d’intervenir avant, le Blackberry et le téléphone semblent à même de pouvoir y coper sans besoin d’être physiquement présent au bureau, en train d’écouler les doses de nespresso (what else…) du cabinet en attendant que quelque chose se passe.

En France, les avocats ayant le statut de collaborateurs libéraux dans la majorité des cabinets, ils sont, en théorie, totalement libres de leurs horaires et sont soumis à une obligation de résultat (nombre d’heures facturées, satisfaction du client, etc.). Avec la crise, le travail se fait plus rare et il est clair que certains arrivent plus tard au cabinet et le quittent plus tôt.

Est-ce mal de laisser les avocats vivre un peu pendant la crise ?

Mots-clefs :, , , , , , ,

 
2

iCar

Publié par Thomas le 23 fév 2009 dans Blog

C’est chez Rinspeed et ça se passe de commentaires !

Mots-clefs :, , , ,

 
2

Un nouveau bug made in Microsoft

Publié par Thomas le 23 fév 2009 dans Blog

Microsoft a encore buggé !

Après avoir licencié 1400 salariés récemment, la firme de Richmond a envoyé une lettre a quelques malheureux pour leur annoncer qu’à cause d’un bug, ils avaient touché trop d’indemnités de licenciement et qu’il leur fallait rembourser le trop perçu ! Apparemment il ne s’agit pas d’un incident isolé et plusieurs centaines de personnes sont concernées.

Décidément, ils sont pas très « people ready » chez Microsoft …

Désolé, faut rembourser !!

Désolé, faut rembourser !!

Mots-clefs :, , , ,

 
2

Apple réinvente la roue !

Publié par Thomas le 11 jan 2009 dans Blog

Voici en exclusivité le prochain portable développé par la firme de Cupertino, le macbook wheel…

Mots-clefs :, ,

 
2

Pour la première fois dans l’histoire du web, quelqu’un a admis avoir moins de 18 ans!

Publié par Thomas le 3 jan 2009 dans Blog

image-2

Les Français peuvent aussi se montrer novateurs dans le domaine du web. En effet, c’est une première depuis l’apparition d’Internet en 1995, un adolescent français a en effet décidé de quitter un site pornographique en admettant qu’il avait moins de 18 ans ! 

 »J‘aurais pu continuer et cliquer sur ‘entrer’ mais j’ai eu peur de vivre avec ça sur ma conscience pour le reste de mon existence » a déclaré Jean P., 17 ans et originaire de Corse. « bien sûr j’étais curieux d’accéder au contenu de hardclick.com mais j’ai préféré attendre encore 3 mois jusqu’à mes 18 ans et être suffisamment mature pour appréhender ce genre de contenu » a-t-il continué.

Grand bien lui en a pris car des actions policières ont déjà eu lieu. Rachida Dati a d’ailleurs appelé à la plus grande fermeté. Ainsi, Pierre C., 16 ans, avait-il tout juste cliqué sur le bouton « j’ai plus de 18 ans » figurant sur la page d’accueil de whoreinjog.com qu’un commando du GIGN a fait irruption dans sa chambre confisquant l’ordinateur, arrêtant les parents et l’adolescent. Ce dernier, fiché à vie sur Edvirspe, a été condamné en comparution immédiate à 18 mois (fermes) de prison. N. Sarkozy s’est déclaré « soulagé » de sa plage du Brésil où il passait ses vacances. Le Président a par ailleurs souligné que la lutte contre ce type de comportement « hautement déviant » allait s’intensifier dans les mois à venir.

Mots-clefs :, , , , , ,

 
2

Happy New Year !

Publié par Thomas le 2 jan 2009 dans Blog

 

image-1

 

 

 

 

 

Désolé pour cette trop longue période de silence sur ce blog mais je vais tenter (1ere résolution de 2009) d’être plus sérieux et de poster plus régulièrement…

Dans l’attente d’un nouveau post imminent, je vous souhaite tout le meilleur pour 2009: santé, réussite et bonheur !

A très vite,

 
2

Sarkozy a trouvé un nouveau prof de judo… Poutine !

Publié par Thomas le 15 sept 2008 dans Actualités, Blog, Politique

Poutine Judoka

Poutine a annoncé à un journal russe qu’il allait donner des cours de judo à N. Sarkozy ! Voir cet article de Reuters

A mon avis notre président va se faire déchirer et j’espère que les intéressés n’ont pas parié le sort de la Géorgie sur l’issue du match !

ça va être marrant de voir les photos car là, Sarkozy n’aura pas le droit aux talonnettes…  J’espère que Poutine ira doucement, sinon on se dirige tout droit vers des élections anticipées…

Mots-clefs :, , , , ,

 
3

Quelques réflexions sur le conflit russo-géorgien

Publié par Thomas le 14 août 2008 dans Actualités, Blog

La guerre entre la Russie et la Géorgie est riche d’enseignements et m’inspire les quelques réflexions suivantes.

guerre russie

Entrée de chars russes à Gori à 60 km de Tbilissi

Source: Lemonde.fr

Tout d’abord, la Russie se marginalise de plus en plus au sein du concert des nations. Bien avant le déclenchement du début des hostilités en Géorgie, la Russie a été ces derniers temps au devant de l’actualité pour des affaires peu glorieuses: en vrac, tragédie du Beslan, empoisonnement de Litvinenko au Polonium à Londres par Lugovoï à présent membre de la Douma sous les couleurs du parti de Poutine, interdiction de l’activité du British Council en Russie, tentatives d’intimidation et d’escroquerie vis à vis d’entreprises étrangères (comme BP), éléctions présidentielles truquées (la Tchétchénie a voté à plus de 98% pour Poutine/Medvedev…), etc. Tout cela n’a pas contribué à rapprocher la Russie de l’Occident et le royaume de Poutine a poursuivi sa dérive jusqu’à devenir un sorte de pariat de la communauté internationale dont la guerre lancée contre Tbilissi a été l’apogée.

Litvinenko

Litvinenko, empoisonné par un député de Russie Unie, le parti de Poutine

Cette guerre, justement, illustre parfaitement la régression de la diplomatie russe toujours humiliée de l’éclatement de l’URSS en 1991. Churkin, l’ambassadeur russe aux Nations Unies, l’a clairement dit à son homologue géorgien lors des débats du Conseil de Sécurité : « vous avez voulu l’indépendance, maintenant il faut en payer le prix ». Se souvenant sans doute de 1968 où la Russie a envahi la Tchécoslovaquie pour effectuer un changement de régime, Moscou a voulu appliquer une stratégie qui gagne. Le régime russe a installé un ancien lutteur analphabète, Eduard Kokoity,  en Ossétie du Sud. Pour faire face à cette lourde tache de président, Kokoity est assisté d’un directeur… tout droit venu de Moscou ! Toujours est-il que cette région de 60 000 âmes  (dont plus de 70% ont la nationalité russe) s’est déclarée autonome, ce qui a été immédiatement reconnu par la seule Russie. Depuis lors, pour stabiliser cette région, les Russes et les Géorgiens ont décidé l’envoi de peacekeepers mais cette force mixte n’était en réalité composée que de soldats russes qui remplissaient leur mission plus ou moins consciencieusement…

Kokoity

Eduard Kokoity, « Président » analphabète de l’Ossétie du Sud

Profitant sans doute de la trève olympique et pensant – naïvement – que personne n’allait réagir, les Russes ont alors décidé de tendre un piège à Saakachvili. Ils lui ont fait croire que Kokoity était devenu hors de contrôle et qu’il était incapable de stopper les émeutes en Ossétie. Le sous-entendu était explicite: vous pouvez disposer de Kokoity qui n’écoute plus Moscou. Le piège était tendu et a fonctionné à merveille: Saakachvili a lancé une offensive en Ossétie, convaincu que les Russes ne bougeraient pas et voilà comment la guerre a démarré : les Russes sont intervenus au nom du maintien de la paix et de la protection des populations au passeport russe.

Le seul paramètre que Poutine et sa clique n’ont pas vraiment pris en compte dans cette affaire c’est que le monde a changé et que les ex-satellites sont à présent des états souverains et indépendants. Cela a eu pour conséquence d’entraîner des réactions de condamnation en crescendo au niveau international, et pour une fois, le concert des nations était presque à l’unisson pour dénoncer le massacre de populations civiles par une armée soviétique qui tire sur tout ce qui bouge en Géorgie (y compris notre ministre des affaires étrangères…). Le prétexte de maintien de la paix en Ossétie du Sud n’a en effet convaincu personne… Les Etats-Unis, en pleine campagne présidentielle, ont eu, dans un premier temps, des réactions modérées (à l’exception des accusations de l’ambassadeur américain aux Nations Unies) d’appel au calme. L’Europe a alors tenté de s’imposer comme médiateur entre les parties et N. Sarkozy, président de l’UE, est allé présenter aux protagonistes un « peace plan » en 3 points.

sarkozy

Medvedev, Sarkozy et Saakachvili… mais où est Poutine ?

Source: Ouest France

Ce document proposé par la France a été immédiatement signé par Tbilissi, presque sans aucune réserve. C’est à Moscou que le président français s’est heurté aux plus de difficultés. Comme le révèle cet article de l’International Herald Tribune, les Russes ont exigé l’introduction du conditions supplémentaires et en particulier un cinquième point très vague permettant à l’Armée Rouge de prendre toutes les mesures nécessaires à « la stabilité et à la paix ». Sarkozy est allé présenter cette exigence à Saakachvili qui a émis de fortes réserves, notamment sur le fait que ce cinquième point n’avait pas de limite de temps. Lorsque Sarkozy a voulu téléphoner à Medvedev pour lui faire part des attentes géorgiennes, il s’est vu refuser la communication avec le président russe qui l’a fait attendre pendant plus de deux heures avant de sèchement lui signifier que le traité de paix n’était plus négociable et que Tbilissi devait accépter toutes les conditions. Ce plan fournit donc véritablement une excuse aux Russes pour continuer leur offensive en Géorgie sous couvert du maintien de la stabilité et de la sécurité. C’est en se servant de ce cinquième point du peace plan que Moscou justifie son activité maritime dans les eaux géorgiennes, la prise de la ville de Gori, la destruction et l’occupation du port de Poti… et ça n’est qu’un début.

Cela m’amène à ma dernière réflexion : la faiblesse du monde occidental face à la Russie et la recherche presque ridicule d’un compromis en la matière. C’est triste à dire mais la Russie, comme la Chine d’ailleurs, ne comprennent que l’humiliation. Toute tentative de négociation ou de compromis est perçue comme un signe de faiblesse de la part de la communauté internationale voire même une sorte de blanc-seing pour continuer leurs actions. Pourquoi l’UE n’nenvoie pas immédiatement des soldats et des observateurs sur place. Pourquoi les Américains sont encore une fois les seuls à menacer clairement la Russie de représailles diplomatiques et économiques ? Pourquoi l’Europe ne peut-elle pas passer à l’action lorsque la diplomatie ne mène plus à rien ? Pourquoi l’Europe ne condamne pas en termes très sévères (similaires à ceux employés par Condoleeza Rice hier lors de sa conférence de presse) les exactions russes ? Non seulement il y a urgence pour la Géorgie mais ne rien faire de plus installerait un dangereux précédent dans la région.

Pour d’autres commentaires (en anglais) allez sur: http://blogalissa.blogspot.com/

Mots-clefs :, , , , , , , , , ,

Copyright © 2010 Thomas’ Blog. Theme signé Laptop Geek. Traduction WordPress tuto.